A l’invitation de l’Association pour la Défense des Droits d’Usage et de la Forêt Usagère, notre liste a pu défendre et expliquer notre position sur cette forêt patrimoniale unique. Dans un format de questions/réponses et devant une salle comble, les candidats aux mairies de La Teste de Buch et de Gujan-Mestras ont pu s’exprimer sur 5 thèmes importants (seul absent pour Gujan-Mestras, Xavier PARIS avait mis sa priorité sur d’autres activités).
1- PRÉVENTION DES RISQUES ET SÉCURITÉ INCENDIE
Les grands incendies de 2022 l’ont prouvé, la forêt quelque soit son mode de gestion est soumise au risque feu. La prévention de ces risques passe d’après nous par :
- le maintien d’une couverture de feuillus (chênes et arbousiers) qui protègent le sol d’une sécheresse dangereuse
- un travail en collaboration entre les représentants d’usagers, les prioritaires et les spécialistes de la prévention et de la lutte contre le feu : SDIS et DFCI
- le contrôle strict de l’utilisation de la forêt : engins motorisés limités au strict nécessaire (pas de quads ou de motocross par exemple)
- la pédagogie et la sensibilisation du public, à l’image du travail remarquable réalisé par l’ADDUFU par exemple
2 – ÉCOSYSTÈME DE LA FORÊT USAGÈRE
Nous préconisons la régénération naturelle. Ce système garantira l’implantation d’espèces diversifiées et d’individus adaptés au climat et aux menaces externes, telles que le Nématode du Pin ou les scolytes.
Il convient de surveiller l’évolution dans différentes zones, et attendre une dizaine d’année avant éventuellement de revoir la stratégie localement.
3- ÉCONOMIE DE LA FORÊT USAGÈRE
Le gemmage est un des leviers d’équilibre économique entre les « propriétaires ayant pins » et les usagers. C’est l’effondrement des revenus de cette activité qui contribue à la remise en cause répétée du modèle de la forêt usagère. De plus, les « gemmeurs », présents dans la forêt, contribuaient à son entretien et à sa surveillance.
La renaissance du gemmage est donc tentante, malheureusement, le modèle économique n’existe pas aujourd’hui, mais l’innovation est possible dans ce domaine pour relancer – à long terme – l’utilisation de cette ressource naturelle et renouvelable.
Notre proposition sera de soutenir les porteurs de projet dans ces domaines et de les accompagner pour obtenir les fonds nécessaire à développer des solutions innovantes et vertes.
A l’inverse, autoriser le commerce de bois issu des parcelles de la forêt usagère reviendrait à industrialiser l’exploitation ces parcelles, créant un risque d’introduction d’engrais, pesticides ou autres fertilisants phosphatés à proximité immédiate des forages et captages d’eau potable du sud bassin. Le modèle « forêt usagère » contribue donc à préserver notre santé.
4- GOUVERNANCE DE LA FORÊT USAGÈRE
La gestion de la Forêt Usagère, ainsi que la gestion des fonds (caisse syndicale) sont confiés à des représentants d’usagers et de propriétaires. Nous proposerons à cet organisme d’aller vers une certification de leurs pratiques de gouvernance, du type de celle appliquée aux ONG (label IDEAS). La transparence serait ensuite assurée par la publication du rapport annuel dans le rapport « Développement Durable » et par un débat au Conseil Municipal.
Le produit des ventes de bois est affecté aux propriétaires, à la caisse syndicale, mais également aux deux communes de Gujan-Mestras et La Teste de Buch.
Dans le cadre de la vente des bois brûlés, la commune de Gujan-Mestras a reçu fin 2024 une somme extra-ordinaire de 1 525 074 euros.
Nous considérons que cette somme non prévue au budget des recettes de la commune ne doit pas être absorbée pour les projets courants de Gujan-Mestras ou pour masquer une mauvaise gestion des investissements.
Nous proposons de réinvestir cette somme dans la renaissance d’une forêt plus naturelle mais aussi plus sure, et notamment en finançant les aménagements de défense contre l’incendie et les actions pédagogiques évoquées plus haut. Pour cela, il faudra définir un véhicule juridique adapté pour isoler et reverser cette somme pour cet usage.
5- PÉRENNITÉ DE L’USAGE
L’une des conclusions finales du rapport de la mission de conseil janvier 2022 (rapport du Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable et du Conseil Général de l’Alimentation de l’Agriculture et des Espaces Ruraux) démontre que « L’analyse approfondie des baillettes et transactions montre que loin d’être un système archaïque, elles constituent un cadre qui a su évoluer au cours du temps et les dispositions qui y figurent sont en cohérence avec celles du code forestier avec lequel elles s’articulent sans difficulté ». Je partage personnellement cette conclusion : depuis plusieurs siècles, ce modèle qui a su évoluer avec son temps a été le meilleur rempart contre tous les avatars naturels (incendies, tempête, maladies et insectes) malgré les tentatives de le remettre en cause. Rien ne justifie la remise en cause de ce modèle
La forêt nous protège, protégeons-la !
La forêt -à son niveau- contribue à protéger nos communes des effets du dérèglement climatique :
- La croissance des arbres agit comme un puits de carbone
- La capacité des pins à assécher les sols aide à équilibrer les nappes phréatiques
- L’ancrage de cette forêt dans le sol sableux contribue à lutter contre l’érosion et les mouvements de sol
- L’absence d’exploitation intensive limite la pollution de notre eau potable
Mais cette forêt est fragile. L’incendie de 2022 l’a montré. Nous devons apprendre de cette
catastrophe pour en tirer les enseignements et défendre le modèle de la forêt usagère protectrice. Pour cela, le dialogue, la concertation et l’intérêt général doivent absolument prendre le pas sur les intérêts individuels ou à court terme. En tant qu’équipe municipale, nous défendrons ce modèle et ces positions.